L’OBO (Owner buy out) : l’alternative à la reprise…



La reprise d’entreprise et son financement subissent de plein fouet la crise actuelle. l’OBO, qui prévoit le maintien du chef d’entreprise cédant au côté du repreneur, en organisant la reprise de l’entreprise en deux étapes permet toutefois de répondre à beaucoup de situations. Pour aborder concrètement l’OBO, Patrick NAOURI, Conseiller Patrimonial chez CYRUS Conseil, traitera pour nous le cas de Monsieur Philippus, repreneur de la société Dulas.



L’OBO (Owner buy out) : l’alternative à la reprise…
I - À l’âge de la retraite, le dilemme du cédant

Monsieur Philippus souhaite reprendre la société d’un entrepreneur de 60 ans. Celui-ci détient 90 % des actions de son entreprise d’une valeur de 5 M€, qu’il a créée il y a 20 ans. Aujourd’hui, il est partagé entre deux contraintes contradictoires :

• Prendre sa retraite et céder son entreprise. En effet, comme beaucoup de chefs d’entreprise, son patrimoine privé s’est très peu développé, les résultats ayant été réinvestis dans la société pour accompagner son développement.

• Pour autant, il ne peut pas céder son entreprise en pleine crise car la valorisation attendue n’est plus au rendez-vous. A ses côtés, il existe un cadre prometteur (qui détient 10% du capital), qu’il souhaite associer au projet de reprise.

Monsieur Philippus sait que le financement d’une reprise d’entreprise est compliqué à organiser et il veut mettre tous les atouts de son côté.


L’OBO (Owner buy out) : l’alternative à la reprise…
II - L’OBO, une réponse adaptée

La technique de l’OBO est faite pour résoudre ce type de dilemme. En deux étapes, cette opération va permettre à l’un de vendre une partie de son entreprise, à l’autre de racheter une partie de l’entreprise ; avec la contrainte, à ne pas négliger, de faire un bout de parcours à deux avant de racheter la totalité de l’entreprise.

• Étape n° 1 : création d’une holding

La première étape va consister à créer une holding de 1,5 M€ de capital. Monsieur Philippus amène 500 k€ en numéraire, le cadre apporte 500 k€ de titres et un fonds d’investissement ISF souscrit pour 500 k€. Le cédant garde 30 % de la société (ce qui lui permet de continuer à bénéficier d’une exonération ISF au titre de sa participation).

La holding s’endette à hauteur de 2 M€. Elle détient alors 70% du capital de la société. Le remboursement du crédit s’effectuera au travers des dividendes (sur des actions de préférence) et d’une refacturation de prestations de management.

Les repreneurs détiennent 66% du capital de la holding. Un pacte d’actionnaires est signé pour organiser la gouvernance de la holding (qui décide quoi ?).

Le cédant a vendu immédiatement pour 3 M€ d’actions et reste actionnaire pour 30% du capital. Un pacte d’actionnaire est signé avec la holding prévoyant les conditions du rachat du solde du capital. Il prend sa retraite et bénéficie de l’exonération de l’impôt sur les plus values. Il n’acquittera que les contributions sociales, soit 12,1%, pour un montant de 363 000 €.

Il pourra envisager, s’il le souhaite, de signer un contrat de prestations pour accompagner les repreneurs.

• Étape n° 2 : la cession

Au terme du remboursement du crédit au plus tard dans 7 ans, l’entreprise sera sortie de la crise, du moins le suppose-t-on, ayant retrouvé un niveau de valorisation supérieure.
Le cédant pourra vendre ses 30% restant sur la base de la nouvelle valorisation.
La holding détiendra alors 100% de la société.


L’OBO (Owner buy out) : l’alternative à la reprise…
III - Opération concluante…

Et contrairement à ce que certains pourraient objecter, Monsieur Philippus ne regrette pas d’avoir choisi un parcours plus compliqué qu’une reprise à 100 % du capital. D’abord parce que sans l’appui et l’implication du cédant, il n’aurait pas mené à terme son projet de financement. Le maintien du cédant au côté du repreneur a rassuré les banques.

Ensuite parce qu’il a pu satisfaire au moment opportun des objectifs d’entrepreneurs : reprendre une entreprise, et permettre au cédant de réaliser une partie de ses objectifs personnels.

Au final, l’OBO fait appel à des techniques fiscales, financières et juridiques, et permet de concrétiser une histoire d’entrepreneurs, dans une période difficile, tout en apportant des éléments de réponse au repreneur comme au cédant. A méditer !


Patrick NAOURI
Patrick NAOURI
Patrick NAOURI
Conseiller Patrimonial
CYRUS-Conseil
153, Bd Haussmann
75008 PARIS
01 53 93 23 23

     

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